C’est en mars 2026 que le livre de Blaise Hofmann, Le peintre célèbre du village voisin, est sorti aux Éditions Zoé. Et il m’a beaucoup plu.
Comme dans les autres romans de cet auteur, j’ai retrouvé cette écriture fluide, authentique, précise, qui nous emporte dans le sujet un peu comme on le serait dans une enquête, tout en offrant bien souvent des moments de respirations poétiques bienvenues. Elles nous ralentissent, nous poussent à la rêverie, à la contemplation. Dans ce récit, écriture et peinture, cheminent en harmonie côte à côte. Pour notre plus grand plaisir.
Il y a comme dans les précédents ouvrages de Blaise Hofmann ce côté documentaire que j’affectionne. Quoi de mieux qu’une lecture qui offre à la fois une forme d’évasion et qui apporte de nouvelles connaissances ? Passionné d’Histoire avec un grand H et d’histoires liées à des personnes, Blaise Hofmann s’est plongé dans les archives et les rencontres en lien avec son sujet pour nourrir son récit.
Le roman aborde une foule d’autres sujets comme entre autres la valeur de l’art et de l’artiste dans une époque précise puis au fil des décennies, les techniques du peintre, sa pratique au quotidien, la capacité à se faire (re)connaître, ce qu’il restera de lui et de son atelier, etc…
Voici au final un livre dont on sort grandi(e) car il ouvre de nombreuses pistes de réflexions pendant et après la lecture.
Mais de qui parle ce récit ?
De Pietro Sarto, né en 1930 à Chiasso, un peintre suisse maintenant âgé de 96 ans, dont le travail a été reconnu et apprécié par le passé mais qui est un peu tombé dans l’oubli ces dernières années. Pietro Sarto a peint avant tout des paysages et des natures mortes. Les premiers sont en lien avec les paysages de la Suisse romande et du Léman. Je découvre les paysages avec curiosité, la perspective est souvent particulière et originale. C’est beau.
Le peintre a aussi créé avec des amis un atelier de taille-douce réputé à Saint-Prex, atelier reconnu à l’international.
Bien qu’amatrice de peinture, je n’avais jamais entendu parler de ce monsieur, avant que Blaise ne le mentionne il y a environ une année, alors qu’il était encore dans la phase d’écriture.
Le portrait de Pietro Sarto est un hommage, mais il met aussi en lumière les côtés parfois plus difficiles du caractère du personnage.
L’auteur m’avait expliqué que la trame de son travail avait été bien différente de celle qu’il avait imaginée au début, en raison du grand âge de Pietro Sarto. En effet, les rencontres avec ce dernier ne lui avaient pas permis de récolter un matériau d’écriture solide et suffisant. Il a fallu faire différemment, emprunter d’autres chemins et c’est tant mieux car au final, le roman est bien plus intéressant que s’il n’avait été qu’un classique récit de vie.
Les photos ont été prises lors d’une rencontre avec Blaise Hofmann organisée par le Musée Jenisch de Vevey, le 26 mars 2026, à l’occasion de la sortie du livre.
Plusieurs œuvres de Pietro Sarto sont en effet conservées dans ce musée. Nous avons pu voir la gravure Lavaux de l’artiste, réalisée en 1976 (collection Jean-Claude Seuret), dont un détail figure sur la première de couverture du livre.
Belle découverte que ce roman tout en finesse sur l’histoire de ce peintre dont les oeuvres font vibrer tout(e) amateur(trice) de notre bien aimée région lémanique.
Francine
